On va mettre les choses au clair tout de suite. Je ne parle pas ici des personnes en situation de handicap, de celles qui vivent avec une jambe en moins ou une épaule en miettes, non. Je parle des véritables éclopés du bon sens, des débiles profonds du civisme, des atrophiés de la considération collective. Bref, de ceux qui lâchent leurs merdes là où ils se tiennent, qui prennent la rue pour leur chiotte personnelle comme des primates sans opposable.
Le sol n’est pas ta poubelle, connard
Au menu : clopes, bières, et mépris de base
Voilà qu'on croise, au détour d’un chemin, une canette de bière vidée de sa dignité, un paquet de clopes éventré comme si Marlboro avait été victime d’un gang bang champêtre, et, cerise sur le tas de merde : les tessons d’une bouteille d’alcool brisée, histoire de tuer un pied d’enfant ou le museau d’un chien. Quel panache. Quel génie. Ça s’appelle de l’art urbain sans projet pédagogique.
L’effort, cet inconnu
C’est si dur de faire deux mètres jusqu’à la poubelle ? Non, manifestement. C’est juste trop chiant. Trop de contraintes. Trop d’effort. Trop de "je m’en bats les couilles de tout sauf de mon ombilic suintant". C’est à se demander si certains ne se torchent pas directement avec les trottoirs.
Civilisation ? Non, juste une performance d’humiliation publique
Le mec (ou la meuf, ne soyons pas sexistes, l’abruti est unisexe) casse sa bouteille dans l’herbe. Oui oui. Là où on ne voit rien. Piège à humain. Genre "tiens, tu veux un pique-nique ? Voilà un aller simple pour les urgences".
Et il se barre. Fier. Peut-être même avec un petit sourire en coin, genre "regarde-moi, j’existe". Tu existes, oui. Comme une cystite. Une infection urinaire de l’espace public. Une trace de pneu dans le string de la société.
D’où ça sort ces déchets humains ?
Alors attention, grand moment de question rhétorique : c’est culturel ? générationnel ? génétique ? Un héritage post-apocalyptique de la télé-réalité ? Des mômes élevés au soda et à TikTok par des parents qui eux-mêmes pensent que "balayer devant sa porte" est une expression fasciste ?
Non, c’est plus grave. C’est pas juste une question d’éducation. C’est une démission mentale. Un abandon de toute notion de respect. Le même respect qu’ils exigent à coup de caps lock sur Facebook, mais qu’ils chient au sol dès qu’ils sortent de chez eux.
La grande contradiction
Ces mêmes types qui gueulent que "la France c’était mieux avant" pendant qu’ils la transforment en benne à ordures. Qui traitent les autres de parasites mais jettent leur McDo par la fenêtre de leur bagnole diesel. Qui veulent de la propreté, de la sécurité, du respect, mais qui se torchent avec la décence comme s’ils étaient immunisés contre le karma.
Pendant ce temps, ailleurs, on rigole moins
Ah mais bien sûr, la France c’est sale, c’est foutu, c’est fini. L’argument-massue des réacs de bistrot et des boomers sans filtre à clope qui pensent que la France est un pays où jeter un mégot par terre est un droit inaliénable en clamant : “Regardez les autres pays !” OK. Regardons.
À Singapour, tu jettes, tu saignes
À Singapour, par exemple, jeter un mégot ou un chewing-gum peut coûter jusqu'à 12 800 euros d'amende. Oui, rien que ça. Et le chewing-gum est carrément interdit : en mâcher ou en importer est passible d'une amende d'au moins 600 euros.
Barcelone, plus de pédagogie, mais à la batte
À Barcelone, la mairie a décidé de sévir : depuis avril, une opération de « sensibilisation » est en cours dans les quartiers les plus touchés par l'incivisme. La menace est claire : 600 euros d'amende pour tout dépôt sauvage d'ordures ou non-respect des horaires de collecte.
Les USA et la réinsertion en gilet fluo
Aux États-Unis, là où l’humiliation est une discipline olympique, ils ont tout compris : les ordures ramassent les ordures. Pas de télé, pas de Netflix : tu prends un balai, un gilet orange, et tu sers à quelque chose. Les détenus nettoient les routes, les caniveaux, les parcs. Ils apprennent à dire “bonjour” à une pelle. Ils comprennent qu’un trottoir, ça s’entretient. Et tout ça avec un shérif qui les regarde de travers en mâchant un cure-dent.
Alors que chez nous...
Oh mais ça va, ils sont “en réinsertion”! Traduisez : ils dorment jusqu’à midi, jouent à la PlayStation, et se plaignent de la qualité des repas. C’est pas de la prison, c’est un centre de thalasso pour connards inciviques, financé par vos impôts, pendant que vous vous tenez à carreau avec votre sac de tri sélectif et votre compost de bourgeois écolo.
Peut-être qu'il est temps de prendre exemple sur nos voisins et de comprendre que la propreté, ce n'est pas qu'une affaire de balais, mais aussi de respect et de cohérence.
Et moi dans tout ça ?
Moi je ramasse de temps à autre. Je peste. Je gueule. Et surtout j’ai des envies de justice poétique, genre les obliger à marcher à genoux dans leurs tessons de bouteille en récitant "je suis un déchet" jusqu’à ce que la notion d’effort leur revienne.
Mais bon, la seule chose qu’ils retiendraient, c’est qu’on les a "pas respectés". Et là, on se retrouve à devoir respecter ceux qui nous chient à la gueule. C’est beau, le progrès.
Mais que fait la police ? Elle ramasse derrière toi, abruti
Alors non, tout ça ce n’est pas juste une question d’éducation. C’est une déclaration de guerre passive-agressive à la société. Un doigt d’honneur lancé à ceux qui passent derrière, qui ramassent, qui nettoient.
Le pire ? C’est que ceux-là, les semeurs de saloperies, se posent ensuite comme victimes. De "discrimination", d’"injustice sociale", ou de "persécution municipale" quand ils reçoivent un ridicule petit rappel à la loi pour avoir jeté leur kebab dans un bac à fleurs.
Mais attention hein, ils veulent du respect. Du vrai. Du solide. Celui qu’on offre les yeux fermés à des gens qui éclatent des bouteilles dans les parcs publics comme si c’était Coachella sous crack. Et nous, pauvres cons civilisés, on ramasse. On nettoie. On tend des sacs, on trie, on composte, on vit dans la honte d’un pays qui préfère verbaliser un vélo mal garé plutôt qu’un connard qui balance son sac de chips dans un square.
Alors merde. Peut-être qu’on a besoin de plus d’amendes. De plus d'humiliation publique. Ou d'un simple retour à une évidence oubliée : si vous n'êtes pas foutus de respecter un trottoir, comment voulez-vous respecter quoi que ce soit d’autre ?
Parce que oui, en 2025, y’a des gens capables de marcher 5 km pour aller au McDo, mais pas 5 mètres pour trouver une poubelle. Et ça, ça en dit long.
Des mégots et des paradoxes
Les mégots incendiaires et les fumeurs écolos
Le mec fume sa clope, la jette par terre, l’écrase à peine, et s’en va. Puis un jour, paf : forêt en feu, 1 200 hectares partis en fumée parce que Jean-Kévin a trouvé trop fatigant de marcher trois mètres vers un cendrier. Mais heureusement, il vote écolo, hein. Il trie ses pots de yaourt en râlant sur les avions.
Les madeleines sous blister de l’apocalypse
Et pendant qu’on crame, on réduit les emballages plastiques. Enfin… en théorie. Parce que dans la vraie vie, on achète un paquet de madeleines "familial" et chaque putain de madeleine est emballée individuellement dans une armure de plastique thermosoudée à la NASA.
Pharmacie : 4 cachets, 20 boîtes
Même délire chez le pharmacien. Il vous faut 4 comprimés ? Tenez, une boîte de 20. Avec un blister par cachet, une notice format serviette de plage, et un carton inutile autour. On soigne des bactéries en filant un cancer à la planète.
La torture des bouchons solidaires
Et le clou du spectacle : les bouchons de bouteilles sont maintenant soudés à la bouteille. Une avancée "écologique". Plus de bouchons perdus ! Oui. Mais surtout un nouveau sport olympique : boire au goulot sans se crever l’œil avec un morceau de plastique pendouillant. La victoire du design par des gens qui ne boivent manifestement jamais d’eau.
Le tri sélectif de la connerie
On marche sur la tête. Littéralement. On est plongés dans une soupe tiède d’imbécillité réglementée, où le plastique s’auto-flagelle pendant que le bon sens se suicide à coups de fourchette (biodégradable mais sous blister).
Avec par exemple des notices de micro-ondes qui stipulent désormais “ne pas insérer d’enfant ou d’animal”. Parce que, quelque part, quelqu’un l’a fait. Et plutôt que d’assumer que certains sont cons, on préfère infantiliser tout le monde.
Du coup, c’est quoi le plan ? Une humanité sous assistance mentale ? Une société où réfléchir devient dangereux, et où tout est prémâché pour éviter qu’on s’étouffe avec la réalité ? On nous abreuve de messages automatiques, d’évidences débiles, et de règles pondues par des machines pour des gens qui ne vivent plus qu’en mode passif.
Le grand élevage
Peut-être qu’on devient tous un peu débiles. Mais pas par hasard. Quand on vous empêche de penser, qu’on vous formate à obéir, à consommer, à fermer votre gueule en téléchargeant votre QR code du bonheur, on ne vit plus : on exécute.
La vérité, c’est qu’une populace amorphe, nourrie de plastique et d’infos prémâchées, ça vote tranquille, ça râle sans foutre le bordel, et ça paye ses impôts. Ce n’est peut-être pas un complot. Juste une méthode de gestion.
Le réveil a sonné (mais tout le monde a mis "snooze")
Peut-être qu’il est temps, justement, d’arrêter de se tripoter le nombril avec le pouce et l’index gras d’un énième scroll TikTok. De lever la tête de ce foutu téléphone, de lâcher le selfie parfait pour regarder autour. Il y a un monde. Il y a des gens. Il y a une putain de société.
Regarder ailleurs que dans son slip, ça veut dire penser au trottoir qu’on partage, au banc qu’on salit pas, au mégot qu’on jette pas dans l’herbe, au sac qu’on ne balance pas à côté de la poubelle "parce qu’elle est pleine". C’est pas de l’écologie molle ni du yoga éthique, c’est juste la base. C’est le tronc commun du civisme, celui qu’on devrait avoir intégré avant même de savoir faire des cœurs avec les doigts.
Arrêtons de jouer les autistes sociaux ultra-connectés qui râlent sur tout mais refusent d’agir à leur propre échelle. Le collectif, c’est pas un hashtag. C’est pas une appli. C’est pas un sticker sur une gourde. C’est juste vous, moi, les autres. Ensemble. Dans le réel. Et ça commence par arrêter de foutre sa merde partout.
Alors ouais, peut-être qu’il est temps d’arrêter de “vivre sa meilleure vie” en mode bulle, et de se souvenir qu’on n’est pas seul sur cette planète. Parce qu’un jour, le trottoir que vous avez pourri, c’est peut-être celui que vos gosses devront marcher pieds nus. Et franchement, ils méritent mieux que votre canette de bière et votre mégot de lâche.