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Une bd porno-trash, insolente et brutale, qui tatoue le cerveau plus fort que la peau. À lire avec gant, humour noir et absence totale de pudeur.
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Il y a des BD d’aventure, des BD engagées, des BD pour enfants… et puis il y a Dédé Tattoo, ce truc imprimé qui se demande encore comment il a obtenu l’autorisation de sortir de l’imprimerie sans escorte policière. Dans un monde où l’humour a désormais besoin d’un casque, d’une muselière et d’un certificat de bonne conduite, ce bouquin arrive comme un tatoo fait dans un garage : brutal, pas stérile, et mémorable pour de très mauvaises raisons. Ce recueil de gags, gavé d'humour trash, de dessins explicites et de blagues qu'on ne raconte qu'après trois bières et un déni de responsabilité, suit les aventures de Dédé, tatoueur philosophe à ses heures perdues, dont la spécialité n’est pas vraiment répertoriée dans les normes européennes de l’hygiène. On parle d’un mec capable de laisser une empreinte indélébile, autant sur la peau que sur l’estime de soi. Lire cette BD, c’est ressentir à la fois du plaisir coupable, du malaise, et cette petite voix intérieure qui dit « c’est dégueulasse mais j’en veux encore ». Votre degré de culpabilité va certainement être à la hauteur de celui d'un évêque qui se masturbe mais ce n'est pas votre faute : personne n’est préparé à voir quelqu’un tatouer un papillon sur un endroit où même le soleil demande une lampe frontale. Ambiance « humour noir période pré-réseaux sociaux », donc la dent est dure, la blague est sale, et la bienséance est morte, enterrée, et probablement tatouée post-mortem.
Dédé tatoue des corps, des fesses et des egos, parfois avec ses mains, parfois avec des outils, et selon la légende — avec des parties encore plus personnelles. Les clients ressortent marqués à vie. Parfois pour de vrai, parfois psychologiquement. On y croise des clients désespérés, des corps martyrisés, des tatouages douteux, et une logique artistique à mi-chemin entre l’inspiration divine et la gueule de bois. Les pages regorgent d’expressions faciales traumatisées, de sueur angoissée, et de détails anatomiques qui feraient rougir un urologue blasé. Si vous pensiez avoir déjà tout vu, il semblerait que non : Dédé a encore des aiguilles à planter dans votre innocence.
Parce qu’il attaque les nerfs, les croyances, les tabous, et même la capacité à comprendre pourquoi vous riez. Vous pourriez développer une érection patriotique, une envie soudaine de vous faire tatouer « maman » au mauvais endroit, ou pire : une réflexion. Graphiquement, c’est cru, verbalement, c’est agressif, et pourtant, étrangement, votre cerveau réclame une deuxième dose. Comme quoi, la stupidité est aussi addictive que les moustaches d’Hitler sur un pigeon voyageur.
Loïc Malnati n’est pas tombé dans la BD underground par accident : il vient du dessin, du storyboard, de la SF, de l’heroic fantasy et du cinéma. Puis un jour il a décidé d’encrer des gens pour de vrai. La boucle est bouclée : il dessine désormais sur papier ET sur peau, ce qui fait de lui probablement le seul auteur dont on peut revendre l’œuvre en seconde main en se faisant amputer.
Fiche technique
Références spécifiques